L’automne est une période importante pour préparer son gazon à l’hiver. Même si les tontes deviennent moins fréquentes, quelques gestes permettent de maintenir un gazon en bonne santé et de favoriser sa reprise au printemps. Dernière tonte, scarification, gestion des feuilles mortes… Voici quelques conseils pour prendre soin de sa pelouse tout en adoptant des pratiques plus respectueuses de l’environnement.
Une dernière tonte avant l'hiver
Avec la baisse des températures, la croissance du gazon ralentit progressivement. Il est généralement conseillé de réaliser une dernière tonte au mois de novembre, en fonction des conditions météorologiques et de la croissance de l’herbe.
Pour cette dernière tonte, inutile de couper l’herbe trop court ! Il est préférable de conserver une hauteur d’environ 6 à 7 cm. Une herbe suffisamment haute résiste mieux aux conditions hivernales et offre une meilleure protection aux racines face au froid et aux gelées.
À l’inverse, une pelouse tondue trop ras est davantage fragilisée et peut avoir plus de difficultés à repartir au printemps.
Scarifier pour donner un peu d'air à la pelouse
L’automne, tout comme le printemps, est une bonne période pour scarifier son gazon, à condition que celui-ci soit encore en pleine croissance. Cette intervention permet à la pelouse de récupérer avant l’arrivée des conditions hivernales.
La scarification est particulièrement intéressante lorsque l’on constate la présence d’une couche importante de feutre, composée de débris végétaux, de racines mortes et de matières organiques qui s’accumulent à la surface du sol. Elle permet également de limiter la présence de mousse.
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Le principe est simple : les lames du scarificateur viennent griffer le sol afin de retirer le feutre et la mousse, tout en améliorant l’aération de la pelouse. Le sol est ainsi moins compact et l’eau, l’air et les nutriments peuvent mieux atteindre les racines. La scarification favorise également le développement racinaire et contribue à maintenir un gazon plus vigoureux.
Pour une scarification efficace, il est conseillé de quadriller la pelouse : effectuer un premier passage dans un sens, puis un second passage perpendiculairement au premier. Attention toutefois à ne pas scarifier trop profondément, au risque d’endommager inutilement le gazon.
Pourquoi scarifier en automne ?
L’automne présente plusieurs avantages. Le sol est encore relativement chaud et généralement suffisamment humide, ce qui permet au gazon de récupérer rapidement après la scarification.
C’est également le moment où la mousse se prépare à profiter des conditions hivernales : davantage de pluie, moins de lumière et des températures plus fraîches lui sont favorables. En intervenant dès l’automne, on peut donc limiter son développement.
En cas de sol particulièrement acide et de problème récurrent de mousse, un amendement calcaire peut être envisagé. Le calcaire contribue à relever le pH du sol, ce qui peut rendre les conditions moins favorables à la mousse. Il est toutefois préférable de ne pas appliquer de produit « par réflexe » : une analyse du sol permet de vérifier si un apport de calcaire est réellement nécessaire.
Cependant, il est important de garder à l’esprit que la présence de mousse dans le gazon est intéressante point de vue biodiversité. Elle sert de refuge à la microfaune indispensable à la vie du sol. De plus, dans le contexte de changement climatique que nous traversons, les mousses fonctionnent comme des éponges et maintiennent l’humidité à la surface du sol.
Il est également conseillé de scarifier sa pelouse à la sortie de l'hiver, n'hésitez pas à consulter notre article Entretenir son gazon après l'hiver : que faire ?
Les feuilles mortes : les laisser ou les ramasser ?
À l’automne, les feuilles mortes peuvent rapidement recouvrir la pelouse. Faut-il systématiquement les ramasser ? Pas nécessairement !
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Tout dépend de leur quantité. Une fine couche de feuilles ne constitue pas un problème pour le gazon. Au contraire, les débris végétaux peuvent se décomposer progressivement et contribuer au retour de matière organique dans le sol.
Lorsque les feuilles ne sont pas trop nombreuses, une solution particulièrement simple consiste à profiter de la dernière tonte pour les broyer directement sur place. Réglez la tondeuse sur une hauteur de coupe de 6 à 7 cm et passez sur la pelouse afin de mélanger les feuilles aux brins d’herbe.
Le mélange obtenu peut ensuite être récupéré et ajouté au compost, ou utilisé directement comme paillage dans les massifs. Les petits débris de feuilles qui restent sur la pelouse ne sont pas problématiques et pourront progressivement s’incorporer au sol.
En revanche, lorsque les feuilles s’accumulent en quantité importante, mieux vaut les ramasser. Une couche épaisse peut en effet priver le gazon de lumière et d’air, retenir excessivement l’humidité et favoriser son dépérissement.
Dans ce cas, vous pouvez les composter, les rassembler en tas dans un coin de votre jardin qui servira à la faune ou les souffler au pied de vos haies ou elles se décomposeront et enrichiront le sol.
L’objectif n’est donc pas d’avoir une pelouse parfaitement débarrassée de la moindre feuille, mais simplement d’éviter qu’une couche trop importante ne l’étouffe.
Tonte différenciée : pensez à faucher vos zones moins tondues
Vous avez adopté la tonte différenciée et laissé certaines parties de votre jardin pousser davantage ? C’est une excellente manière de laisser davantage de place à la biodiversité. Mais ces espaces nécessitent eux aussi un entretien.
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À la fin de l’été, les herbes ont généralement atteint une hauteur importante. Il est alors recommandé de faucher ces zones fin septembre ou début octobre.
Cette fauche permet de maintenir ces espaces ouverts en limitant l’installation de ligneux (arbres et arbustes) et de favoriser, au fil des années, l’installation et le développement de plantes sauvages. Elle évite également que certaines espèces particulièrement compétitives ne prennent progressivement le dessus.
Un point est essentiel : le produit de fauche doit être exporté. Il ne faut donc pas laisser l’herbe coupée en tas sur place.
En retirant la matière végétale, on appauvrit progressivement le sol. Cette pratique est particulièrement intéressante car de nombreuses fleurs sauvages apprécient les sols relativement pauvres.
À l’inverse, laisser les résidus de fauche se décomposer sur place enrichit le sol en éléments nutritifs et peut favoriser le développement de plantes dites nitrophiles, comme les orties ou certains chardons, au détriment d’une plus grande diversité de plantes sauvages.
La fauche et l’exportation des résidus sont donc des gestes essentiels pour faire évoluer progressivement une pelouse classique vers une zone plus riche en biodiversité.
Lisez aussi : Pré de fauche : comment le gérer efficacement ?
Un automne pour préparer le printemps
L’automne n’est donc pas une période où le jardinier peut totalement délaisser son gazon. En adaptant simplement ses pratiques : une dernière tonte pas trop courte, une scarification lorsque cela est nécessaire, une gestion raisonnée des feuilles mortes et une fauche des zones en tonte différenciée, il est possible de préparer efficacement la pelouse à l’hiver.
Et surtout, ces quelques gestes permettent de réduire les interventions tout en favorisant un jardin plus naturel et plus accueillant pour la biodiversité.
Un article de Thibaut Mottet, conseiller chez Adalia






