Comment choisir et planter ses plantes vivaces ?

2ème partie

Si dans la partie 1 "Les vivaces : alliés de choix durables et écologiques", vous avez trouvé de nombreuses pistes afin de mieux connaitre et choisir les plantes vivaces pour vos jardins, nous vous proposons à présent de passer à l’action !

Voici une série d’informations concrètes et pratiques qui vous aideront dans la réussite de vos plantations de vivaces. 

Plantations printanières ou automnales ?  

Le début du printemps ou de l’automne sont les périodes conseillées pour une reprise optimale de vos vivaces. Il s’agit aussi des périodes où les pépinières vous proposeront leur gamme la plus complète, et les plantes dans leur développement le plus adéquat.  

Certaines plantes sensibles au gel, comme les gauras par exemple, ont besoin d’être bien enracinées pour supporter les rigueurs de l’hiver. Dans ce cas, il sera préférable de privilégier les plantations printanières.  

Ce conseil s’applique également si votre sol est très argileux et qu’il maintient fortement l’humidité.  

Cependant, les plantations automnales ont, elles, l’avantage d’un développement parfois plus rapide lors de la saison suivante. Au final, il s'agira de prendre en compte votre microclimat local et votre sol. Votre pépiniériste local pourra aussi vous conseiller !  

Dans tous les cas, évitez une plantation trop tardive en fin de printemps ! Plus tôt vos plantes seront en place, au mieux elles seront enracinées à l’arrivée des jours chauds : ainsi, elles nécessiteront moins d’arrosage et seront bien plus résistantes en cas de canicules ou de sécheresse prolongée.  

Plante-vivaces-jardin
Le Geranium macrorrhizum (à gauche) est un formidable couvre-sol tout terrain. Comme de nombreuses vivaces rustiques il s’installera sans problème tout au long de l’automne. Les Gauras Lindheimeri, aériens et mellifères, auront quant à eux besoin d’être déjà bien enracinés à la saison froide : installez-les plutôt au printemps.  

Comment choisir sa plante en pépinière ? 

En pépinière ou en jardinerie, vous trouverez la plupart du temps vos vivaces en petit pot “P9” et, de plus en plus souvent, en conteneurs de 1,5L à 3L. Un peu plus chers, ils ont l’avantage d’abriter des plantes déjà bien développées : elles s’installent plus vite au jardin et peuvent aussi être disponibles plus tard dans la saison. 

Vivace au jaridn

En pépinière vos vivaces seront disponibles dans des conteneurs de différents formats ; les plus grands, bien qu’un peu plus chers, auront l’avantage de permettre une meilleure croissance aux racines de vos plantes

Pour prévoir les dimensions à maturité et donc la quantité nécessaire, ne vous fiez pas à la taille des plantes au moment de l’achat : référez-vous plutôt au conseil de l’horticulture, à la fiche de la plante ou renseignez-vous sur un site spécialisé : une vivace a parfois besoin de 1 à 3 ans pour donner toute sa mesure, et il serait dommage de la planter trop ou trop peu densément.  

En pépinière vos vivaces seront disponibles dans des conteneurs de différentsetiquette formats ; les plus grands, bien qu’un peu plus chers, auront l’avantage de permettre une meilleure croissance aux racines de vos plantes.

Conservez et prenez le temps de bien lire et comprendre les étiquettes de vos nouvelles plantes. Taille adulte, besoin en eau et en lumière, type de sol... 

Observez aussi vos jeunes plantes, leurs tiges, leurs racines : vous semblent-elles saines et en bonne santé ? Pas la peine de choisir une plante trop développée qui déborde de son conteneur ou dont les racines, trop serrées, ont formé un chignon qui compromettrait à terme sa reprise.  

Vivace au jardin
A gauche, l’enracinement de ce géranium vivace n’est pas trop développé, il pourra facilement s’adapter à son nouvel emplacement. Au milieu, les racines de cet épimedium ont commencé à s’enrouler dans leur pot. Rien de problématique mais elles devront être légèrement déliées avant la plantation pour éviter qu’un “chignon” ne se forme. À droite, la même espèce mais très peu enracinée : on pourrait encore la faire patienter en pépinière avant la plantation en pleine terre. 

Evitez aussi les plantes trop chétives ou abimées. Cependant, les plantes vivaces produites dans vos régions n’ont pas besoin de paraitre “parfaites” pour une bonne reprise, et attention aux plantes “poussées” avec des excès d’engrais, en milieu aseptisé, et qui, malgré une apparence fort séduisante, auront parfois du mal à reprendre soumises à l’environnement réel de nos jardins. 

Prenez le temps de bien choisir vos plantes, en vérifiant qu’elles correspondent bien à vos besoins et aux conditions de plantations : un achat coup de cœur est bien sûr possible, mais mieux vaut revenir flâner en pépinière à quelques reprises que de vous retrouver avec une série de plantes qui ne trouveraient pas leur place au jardin ! 

Profitez aussi de vos achats pour faire un tour du côté des fournitures : un bon terreau adapté à vos plantes, un éventuel engrais organique et du paillage seront probablement à prévoir au moment de la plantation. Mais peut-être avez-vous aussi chez vous ce qu’il vous faut : compost maison, terreau de feuilles ou broyat de tailles seront vos alliés locaux pour toutes vos plantations

A découvrir : N'hésitez pas à vous adresser à vos pépinières locales, comme celles reprises dans le label Les artisans du végétal – Des plantes produites chez nous.  

De retour chez vous, quand planter ?  

Il n’est pas indispensable de planter immédiatement une fois rentréAllium chez vous ! Attention cependant aux plantes qui trainent et qui s’abiment : gardez-les à l’extérieur ou dans une pièce lumineuse mais fraiche, dans des conditions similaires à la jardinerie, en évitant le plein soleil ou l’ombre complète.  

Maintenez les plantes bien droites, dans une cagette par exemple, et poursuivez un arrosage régulier en attendant le moment idéal pour planter, c’est-à-dire une journée sèche mais pas trop chaude. Vérifiez régulièrement que vous n’avez pas quelques invités inopportuns, comme des escargots ou des limaces, accrochés sous vos pots et emportés depuis la jardinerie. Mieux vaut prévenir que guérir et une petite vérification vous évitera la mauvaise surprise d'une jeune plante toute défeuillée ! 

Phtoto à droite : arrivé “intact” depuis la pépinière, cet allium à fait en quelques jours le régal des gastéropodes... une petite vérification quotidienne aurait permis de limiter les dégâts. 

Place à la plantation : 

Il fait beau, vous avez un peu de temps et vous voilà bien équipé : un sécateur pour recouper une racine ou tige abimée, votre fourche-bèche, râteau, plantoir, et une bassine d’eau tempérée pour le trempage des plantes. Et c’est parti !  

Prenez le temps de bien préparer votre zone de plantation : c’est le cas aussi pour les arbres et les arbustes, mais pour les vivaces, c’est vraiment indispensable à une bonne reprise !  

Prenez le temps de bien désherber, de travailler le sol sur une vingtaine de centimètres, (en faisant bien attention aux racines des autres plantes déjà installées place) et amendez votre sol avec plus ou moins de terreau et de compost, selon la nature de votre sol et les besoins de vos nouvelles plantes.  

En jardinage écologique, nous préférons toujours limiter le travail du sol, pour éviter de bouleverser ses strates et d’abimer la vie pédologique. Néanmoins, la plupart des vivaces que vous achèterez ont été élevées dans des pots de tourbes ou de terreau, à laquelle leurs racines ont été habituées. Le travail et l’amendement du sol favoriseront donc la transition vers un nouvel environnement. Un sol grumeleux, présentant des espaces libres, est aussi indispensable à l’alimentation des plantes.   

Sans bonne préparation du sol, il arrive parfois que les plantes se retrouvent “coincées”, leurs racines incapables de s’émanciper de leur petite motte originale : après s’être nourrie des nutriments présents dans leur substrat d’origine, la plante dépérit et en l’arrachant, vous apercevrez que, même 1 ou 2 ans après la plantation, les racines ne se sont pas développées depuis la plantation !

Enfin, lorsque vous plantez des vivaces en groupe, ça sera toute la zone de plantation qui devrait être préparée et pas seulement les emplacements individuels des futurs plantes.  

Quand votre zone de plantation est bien préparée, passez-y un dernier coup de râteau pour lui donner une belle régularité, puis, c’est le moment de positionner vos plantes. Prenez un moment pour revérifier vos distances de plantations, l’harmonie de feuillage, l’étagement des hauteurs. Ça vous plait ? c’est parti, plantez ! 

Pendant la préparation du trou, vous pouvez faire tremper (bassiner) vos plantes. Avant de les installer, pensez aussi à « ouvrir » délicatement la motte en démêlant légèrement les racines ; au besoin, recoupez une racine qui tourne en rond pour éviter l’effet chignon, qui nuirait à la reprise. Enfin, pour la profondeur, gardez en tête que le sol fraîchement travaillé se tassera un peu après quelques jours : vérifiez que vos vivaces sont plantées suffisamment bas pour ne pas ressortir de terre.

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A lire aussi : Partie 3 - Les plantes vivaces en pratique : après la plantation !

Un article réalisé par Maïlys Duque, chargée de projet Wallonie et Fleurs

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Les vivaces : choisir et planter