Le frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax)

Mise en ligne : 12 mars 2026

Le frelon asiatique (ou frelon à pattes jaunes) est un insecte social introduit accidentellement en France en 2004. 

Cette espèce exotique envahissante a poursuivi sa terrible expansion jusqu’en Belgique où il a été observé pour la première fois en 2016. Actuellement, rares sont les régions du royaume où il n’a pu être identifié. 

La pression qu’il exerce sur les insectes - en particulier sur les abeilles domestiques - nécessite la mise en place de mesures de gestion coordonnées afin de limiter ses effets néfastes sur l’environnement. 

1. Comment le reconnaître ? 

De taille plus petite que son cousin européen, le frelon asiatique est reconnaissable à son corps sombre, presque noir, sa tête noire avec un front orangé, et surtout ses pattes jaunes d’où son surnom de frelon à pattes jaunes. 

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2. Son cycle de vie 

Comme les guêpes et son cousin européen, le frelon asiatique a un cycle de vie annuel. Son activité et la taille de sa population évoluent fortement au fil des saisons. 

 

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  • De décembre à fin février : hivernage 

Les nids, souvent situés en hauteur dans les arbres, sont maintenant bien visibles depuis la chute des feuilles mais ne sont normalement plus actifs. Les futures reines fondatrices déjà fécondées l’ayant quitté fin de la saison précédente pour se mettre à l’abri pour passer l’hiver. 

  • De début mars à début avril : émergence des fondatrices 

À la sortie de leur dormance lors de quelques belles journées consécutives où les températures avoisines les 15-16°c, les jeunes fondatrices se mettent en activité à la recherche de substances sucrées afin de reconstituer leurs réserves.  

Celles-ci commenceront à construire seules leurs nids primaires dans des endroits abrités (boîte aux lettres, abri de jardin, sous une corniches, etc.) afin d’y pondre et de créer leur future colonie. À ce stade, le nid est encore de petite taille - généralement comparable à une orange - et se révèle donc plus facile à neutraliser ou à éliminer en veillant bien à capturer en même temps la fondatrice. 

Il est également possible de capturer ces fondatrices à l’aide de pièges spécialement adapté à cet usage. 

Néanmoins, l’usage de pièges totalement sélectifs est primordial afin de préserver les autres espèces essentielles à notre biodiversité. 

  • De fin avril à courant mai : naissance des premières ouvrières 

Les premières ouvrières naissent, elles se mettent à s'occuper des larves et à agrandir le nid primaire. 

  • De juin à septembre : début de la prédation 

La population augmente dans le nid primaire qu’elle quittera au courant du mois de juin pour y bâtir un nouveau nid (nid secondaire). Souvent situé en hauteur dans un arbre, il arrive cependant d'en trouver à hauteur d'homme, au ras-du-sol, dans une haie ou contre un bâtiment. 

  • De septembre aux premières gelées : augmentation de la prédation 

La reine s’étant consacrée uniquement à la ponte lors des dernières semaines, la population augmente fortement. Les ouvrières ont besoin de rapporter beaucoup de protéines pour nourrir les larves. On constate alors une importante pression sur les ruchers mais aussi autour des plantes mellifères (lierre...) attirant de nombreux insectes sauvages.  

  • Dans le courant du mois d’octobre : reproduction 

Les nids émettent des mâles en nombre, ils vont chercher à s'accoupler avec les femelles qui deviendront les futures fondatrices. 

  • En novembre : dispersion des futures fondatrices 

Les femelles fécondées vont quitter le nid pour chercher des cachettes ou elles passeront l'hiver. Elles ressortiront au printemps suivant pour commencer un nouveau cycle. 

  • En décembre : mort des ouvrières 

Les dernières ouvrières continuent à occuper le nid, elles visitent encore les ruchers. Elles vont mourir avec le froid de l'hiver. Le nid va s'abîmer et se dégrader naturellement. 

3. Comment reconnaître un nid de frelon asiatique ? 

Le frelon asiatique construit deux types de nids au cours de son cycle.  

Au printemps, la jeune reine construit d’abord seule puis aidée par les premières ouvrières un nid primaire, de petite taille et de forme sphérique, très souvent installé dans un endroit abrité (sous toiture de cabanon, nichoir, niche de chien, etc.). 

Nid primaire : 

Frelon-asiatique-nid-primaireLorsque l’espace vient à manquer, la colonie déménage pour construire un nid secondaire, généralement au courant du mois de juillet, période où elle compte souvent plus  les 2 000 individus. Ce second nid, souvent situé en hauteur dans les arbres, passe difficilement inaperçu avant l’automne et la chute des feuilles. Suspendu, de dimensions nettement plus importantes (pouvant atteindre 1 mètre de haut pour 80 cm de large), il adopte souvent une forme ovoïde. 

Ces nids sont constitués de fibres de bois mâchées formant un matériau proche d’un papier gris-brun, et se caractérisent par une entrée latérale. 

 

Nid secondaire : frelon-asiatique-nid-secondaire

 4. Quel type de pièges et quel type d’appât utiliser? 

Utilisez uniquement des pièges à sélection physique, c’est-à-dire conçus pour limiter au maximum la capture d’insectes dont la taille diffère de celle du frelon asiatique : les insectes plus grands ne doivent pas pouvoir entrer, et les plus petits doivent pouvoir ressortir. Ces pièges comportent donc des ouvertures de diamètres variés permettant de « filtrer » les espèces. 

Privilégiez également des pièges « secs » ou équipés de systèmes anti-noyade, afin d’éviter la mort de tous les insectes capturés. Il peut s’agir, par exemple, d’une éponge ou de sciure imbibée (solution recommandée), et/ou d’une grille fine (maille de 3 mm) séparant le liquide attractif de la zone où les insectes plus gros restent retenus. 

Attention : les pièges par noyade, de type « pièges bouteilles » ou « pièges cloches », sont interdits (et totalement déconseillés). 

L’appât le plus courant est un mélange composé à parts égales (1/3 – 1/3 – 1/3) de bière, de bière brune, de vin blanc et de sirop de fruits rouges (grenadine, cassis, etc.). Mélangez les ingrédients et conservez le tout au réfrigérateur afin de pouvoir réalimenter régulièrement les pièges. 

5. Risque pour les habitants 

 Le frelon asiatique est peu agressif envers l'être humain. Il n'est dangereux que dans le voisinage immédiat du nid. Sa piqûre n'est pas plus douloureuse ou dangereuse que celle d'une guêpe. 

En raison du caractère invasif de cette espèce, il est important de détruire les nids pour mettre un frein à sa propagation

Il est susceptible de représenter un danger pour la santé et la sécurité, notamment lorsque le nid se trouve à proximité d’infrastructures telles que des voiries piétonnes, habitations ou écoles. 

6. Que faire ? qui contacter ? 

Si vous constatez la présence d'un nid de frelons asiatiques, il ne faut, en aucun cas, tenter de détruire le nid soi-même ! Cela ne peut être réalisé que par du personnel spécialement formé et équipé pour cette tâche

Contactez le service environnement de votre commune. De plus en plus de communes wallonnes prennent en charge les frais de neutralisation. 

Si pas, contactez le cercle apicole ou un apiculteur présent dans votre région pour qu’il puisse vous aider. 

Vous pouvez également contacter directement un neutralisateur indépendant : 

Un article de Jean-Nicolas Arnould, conseiller technique.

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