Vous avez remarqué des monticules de terre ou de petites galeries dans votre pelouse ou votre potager ? Ces traces sont souvent le signe qu’un animal s’est installé sous la surface de votre jardin. Mais savez-vous exactement quels sont les animaux qui y vivent ?
La taupe est généralement la première suspecte, mais la réponse à cette question n’est malheureusement pas aussi simple. En effet, il existe plusieurs espèces fouisseuses (qui creusent des galeries) et certaines cohabitent dans les mêmes galeries.
La manière la plus fiable de distinguer ces espèces est d’observer leurs caractéristiques physiques. Cependant, ce n’est pas toujours aisé de les observer avec leurs mœurs de vie très discrètes.
Dans cet article, découvrez quels animaux peuvent être à l’origine de ces galeries et apprenez à mieux les reconnaître.
La taupe
Lorsqu’on pense galerie, on pense souvent à la taupe d’Europe (Talpa europaea) et pour cause, cette espèce est fréquente dans nos jardins. (photo taupe d’Europe)
Contrairement à ce qu’on peut prétendre, la taupe n’est pas un rongeur. Il s’agit d’un mammifère insectivore. Elle
est donc inoffensive pour vos plantes et est même plutôt utile au jardin en se délectant de certains ravageurs dont le stade larvaire se déroule sous terre (coléoptère, chenilles), de mollusques (limaces, escargots) et même plus rarement de petits rongeurs.
Avec ses yeux minuscules, la taupe n’est pas totalement aveugle. Cependant, elle ne supporte pas la lumière et passe donc sa vie sous terre, dans des galeries dépourvues de lumière et de courant d’air. En revanche, elle dispose d’un très bon odorat et un sens du toucher lui permettant de détecter les vibrations de ses proies à bonne distance. Son ouïe est également bien développée.
Hormis en période de reproduction, il s’agit d’un animal solitaire vivant dans son réseau de galeries. Contrairement à certains rongeurs, la taupe ne pullule pas. Elle a en moyenne 2 portées par an de 2 à 6 jeunes.
Les mulots
Certains rongeurs vivent également en sous-sol, c’est le cas notamment du mulot.
En particulier le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus)ou le moins fréquent, le mulot à collier (Apodemus flavicollis). Ces 2 espèces creusent de petites galeries mais apprécient de se réfugier dans nos greniers dès l’automne pour y passer la saison froide.
Ces rongeurs ont des habitudes tant terrestres (la nuit) que souterraines (le jour).
Le mulot a un régime omnivore à dominance granivore. Il est rarement nuisible pour les plantes cultivées (sauf pour les cultures de betteraves et les semences). Ses repas se composent surtout de graines, glands, noisettes ainsi que de bourgeons et de céréales. Il peut également grignoter des végétaux, vers de terre, limaces et insectes. Ils sont de bons grimpeurs et sont capables d’accéder aux fruits dans les arbres fruitiers.
Le mulot a de grandes oreilles et une longue queue de la même taille que son corps.
Il est capable de proliférer rapidement (jusqu’à 5 portées par an).
Leur cousine la souris grise (Mus domesticus) est très présente dans nos greniers, granges ou hangars tout au long de l’année. Occasionnellement, elle peut creuser une petite galerie entre des pierres ou racines pour y nicher. Elle est également très prolifique et peut occasionner des dégâts dans les maisons (câbles électriques, approvisionnement dans un garde-manger, prolifération de maladies transmissibles à l’homme…).
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Le surmulot
Aussi appelé rat brun, le surmulot (Rattus norvegicus) peut, en milieu naturel, vivre dans des galeries qu’il creuse jusqu’à 40 cm de profondeur. Il fréquente également les fermes et granges et apprécie particulièrement les zones humides. 
Ce rongeur se retrouve fréquemment dans les zones urbanisées où ils peuvent pulluler grâce à la nourriture qu’ils trouvent partout et se développer dans les réseaux d’égouttage, caves ou zonings industriels. En effet, il s’agit d’un animal omnivore opportuniste qui peut fouiller les poubelles, trouver sa nourriture dans les égouts mais aussi piller les mangeoires des graines de céréales dont il se délecte.
Excellent nageur, bon acrobate (bond jusqu’à 2 mètres de haut), il est agile et se déploie dans tout type de milieu où il peut pulluler extrêmement rapidement. Le surmulot est un animal social qui vit en colonie hiérarchisée. De plus, par son milieu de vie parfois peu hygiénique, il peut transporter des maladies et des parasites transmissibles à l’homme.
Il est de loin le plus grand des rongeurs présentés dans cet article, pouvant atteindre 40cm de long (queue comprise).
Les campagnols
Enfin, le rongeur le plus fréquent et le plus problématique de nos jardins est le campagnol. Il en existe plusieurs espèces : roussâtre (Clethrionomys glareolus), souterrain (Microtus subterraneus), agreste (Microtus agrestis), des champs (Microtus arvalis), mais le plus fréquent au jardin est le campagnol terrestre (Arvicola amphibius), aussi appelé rat taupier. (photo campagnol terrestre)
Le campagnol terrestre vit majoritairement sous la surface du sol et crée des dégâts au jardin avec son régime alimentaire végétarien. Il se nourrit préférentiellement de racines (dont celles de jeunes arbres), bulbes et tubercules dont il peut consommer une à deux fois son propre poids sur une journée. Il peut aussi s’attaquer aux écorces, plantes fourragères, graines diverses, légumes (carottes, poireaux…) et céréales. Si la racine principale d’un arbre est taillée en pointe comme un crayon, c’est le signe d’une attaque de campagnol, qui provoque la mort rapide de la plante.

Il est bien plus grand et trapu que le mulot avec une queue beaucoup plus courte et de plus petites oreilles. Il s’apparente plus à un cochon d’Inde qu’à une souris.
Le problème est qu’ils ont une capacité à proliférer assez impressionnante. Une femelle est capable d’avoir une dizaine de petits par portée tous les 20 jours. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle à l’âge d’un mois. Quand les conditions sont favorables, on peut retrouver jusqu’à 1000 individus/ha.
Les autres occupants du sous-sol
Au niveau de la mégafaune souterraine, on retrouve les lièvres bruns (Lepus europaeus) et les lapins de Garenne (Oryctolagus cuniculus) qui sont également des animaux fouisseurs mais peu fréquents au cœur des jardins.
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Il en va de même pour l’hermine (Mustela erminea) et la belette d’Europe (Mustela nivalis) qui peuvent profiter des terriers des rongeurs pour y chasser et y nicher.
Enfin, d’autres mammifères vivent sous terre comme le blaireau (Meles meles)et le renard (Vulpes vulpes) qui peuvent même cohabiter dans les mêmes galeries. Cependant, leur terrier est d’un diamètre bien plus important et sont rarement localisés dans les jardins.
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Pour information, tous les rongeurs ne vivent pas dans des galeries. Certains sont plutôt arboricoles comme le muscardin (Muscardinus avellanarius) (photo muscardin) ou le loir gris (Glis glis) qui apprécient se réfugier dans les cavités d’arbres ou encore l’écureuil roux (Sciurus vulgaris) qui construit un nid avec des branchettes et des brindilles. Enfin, d’autres tressent un nid sphérique suspendu dans les hautes herbes comme le rat des moissons (Micromys minutus) , plus petit rongeur d’Europe.
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Mais comment savoir si les galeries de votre jardin sont l’œuvre d’une taupe ou d’un rongeur ? N’hésitez pas à lire notre article sur le sujet
Les galeries présentes dans nos jardins peuvent donc être l’œuvre de plusieurs espèces, chacune ayant ses habitudes et son rôle dans l’écosystème. Taupes, mulots, campagnols ou encore rats utilisent le sol pour se déplacer, se nourrir ou se protéger.
Un article réalisé par Julie Maertens, conseillère technique.
Article rédigé en mars 2026









