Portrait-métier : Véronique Scuvie

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 ID VéroniqueChez Adalia 2.0 des personnalités différentes se côtoient, chacune avec leur parcours, leurs connaissances, leurs compétences propres et leurs passions respectives. Un objectif commun ? Celui de s’activer pour répondre aux missions de la structure dans laquelle ils évoluent. Par son métier, chaque membre de l’asbl accompagne l’évolution des pratiques dans les espaces verts professionnels et particuliers pour la préservation de la biodiversité ! 

Véronique Scuvie coordonne le projet Coccinelles & Papillons et ses fameux kits d'élevage de coccinelles ou de papillons pour les classes maternelles et primaires en Wallonie. Multi-fonctions, elle s'occupe aussi des ressources humaines et fait partie du pôle de direction qui guide l'asbl dans ses missions. Découverte dans ce portrait ! 

Bonjour Véronique, que fais-tu chez Adalia 2.0 ? 

Coccinelles et papillons " Le fil conducteur principal de mon quotidien se fait avec le projet Coccinelles & Papillons que je coordonne, aux côtés du pôle animation. Il s’agit de notre projet dans les écoles maternelles et primaires wallonnes : nous proposons chaque année des kits d’élevage de coccinelles ou de papillons ou encore le kit jardinière - mais également le kit abri à insectes monospécifique. Ce dernier est lié spécifiquement aux animations durant l’hiver. Chaque kit permet de découvrir les cycles de vie d’insectes et de plantes « utiles » pour la nature et la biodiversité et ainsi d’éveiller les élèves sur ces thématiques. Ils sont associés à des animations dans les classes qui mettent les élèves en actions autour des kits - mais pas seulement ! 

Concrètement, c’est l’équipe animation qui gère les interventions dans les classes et organise le planning. Pour ma part, je suis le lien entre les écoles et Adalia 2.0 en mettant en place chaque campagne annuelle : les écoles s’inscrivent entre novembre et février pour recevoir un ou plusieurs kit(s), je vérifie les demandes, je prépare les envois, Préparation des colis de kits pour les écolesje réponds aux questions des enseignants. Je suis, en quelque sorte, l’intermédiaire technique et le service après-vente. En pleine saison, de janvier à avril, je reçois en moyenne cinquante mails par jour : “J’ai perdu mon kit”, “Mes larves ne vont pas bien”, “Que faire si… ?”. Je suis une aide permanente pour les enseignants. 

C’est intense, mais c’est aussi très gratifiant. J’aime demander aux enseignants comment ça s’est passé, si les élevages ont bien fonctionné, entendre les retours des enfants. L’hiver est plus calme, notamment pour le kit abri, qui n’est pas “vivant” et qui est distribué via les animateurs. Mais le printemps, lui, est une vraie effervescence." 

Peux-tu parler de tes autres rôles ? 

" Oui, je tiens aussi des stands grand public, où je conseille les familles sur le jardinage sans pesticides. J’aime beaucoup ces moments parce qu’ils montrent concrètement à quoi on sert. On voit aussi le chemin qu’il reste à parcourir : certains utilisent encore des produits très agressifs, parfois même inadaptés. Il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire autour du “faites attention à vous” et à votre environnement. 

Stands-adalia

Enfin, j’ai une casquette plus administrative et RH avec une vision globale du budget. Je me tiens à jour sur la législation du travail, les obligations de l’employeur et du travailleur, le règlement de travail, les obligations de formations. Je m’occupe aussi des contrats ou encore du bien-être des employés en les accompagnant pour s’assurer que chacun se sente bien dans son quotidien professionnel. Je fais aussi partie du pôle direction. Nous sommes trois, et c’est précieux. Avec la complexité des subsides, des rapports et des obligations légales, être seule serait difficile. À trois, avec des profils complémentaires, on peut se répartir le travail pour avancer, surtout lors de périodes intenses. Les avis et points de vue de chacun permet une meilleure prise de recul et une vision plus globale sur les points abordés lors de nos réunions hebdomadaires.

Comment es-tu arrivée là ? Quel a été ton parcours ? 

J’ai un parcours un peu atypique. J’ai fait un bac en sciences économiques, puis une maîtrise en criminologie et un bac en sciences de la famille, avec une orientation en sexologie. J’ai même commencé une première année en biologie. Ce qui m’a toujours animée, c’est l’humain. Comprendre ses multiples facettes, ses comportements, ses réactions. 

J’ai d’abord travaillé dans des entreprises commerciales. Puis en 2003, une amie d’école (et actuellement collègue) m’a proposé de participer à une saison du projet Coccinelles & Papillons. Puis de fil en aiguille,Horpi System j’ai été engagée chez Horpi System, où j’ai travaillé pendant dix ans dans l’élevage de coccinelles. J’élevais des auxiliaires pour la lutte intégrée, je collaborais avec les universités de Gembloux et de Toulouse pour étudier les conditions optimales de développement des Adalia (ndlr : Adalia est un mot latin désignant des coccinelles), notamment en période hivernale. Je travaillais aussi avec des grossistes en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, et avec des producteurs de roses ainsi que les jardineries belges. 

Après ces dix années plutôt scientifiques et techniques, j’ai été réengagée chez Adalia 2.0 pour coordonner les kits pédagogiques du projet écoles. Je connaissais déjà très bien le fonctionnement de l’association, complété de mes connaissances sur l’élevage de l’Adalia ou encore celui des pucerons… C’était l’idéal ! J’ai ensuite rejoint les stands en 2019, puis progressivement pris en charge des aspects budgétaires et administratifs. Depuis 2023, je fais officiellement partie du pôle direction avec ma casquette RH, qui rejoint finalement mes premières amours : l’humain." 

Quelles sont les compétences et les connaissances phares pour faire ton métier ?  

Pour le projet écoles, il faut bien connaître le fonctionnement de l’Adalia Bipunctata et des kits d’élevages. Il faut aussi comprendre le jardinage au naturel. J’ai appris énormément par moi-même sur le terrain, au fil des années. 

Pour ma casquette RH et direction, il faut des connaissances juridiques solides et actualisées en permanence. La législation évolue constamment, il faut rester en veille. Le management est aussi une compétence clé, et nous allons d’ailleurs continuer à nous former pour renforcer le fonctionnement du pôle direction. 

Et puis, il faut savoir jongler entre les projets, entre les périodes creuses et les pics d’activité, entre le technique, l’humain et l’administratif. 

Rencontre-tu des difficultés dans tes missions ? 

Oui, bien sûr. L’instabilité des subventions est une réalité du secteur associatif. Ce n’est pas toujours simple, surtout quand l’équipe aimerait des réponses claires sur l’avenir. 

Avec mes différentes casquettes, je dois réussir à être disponible pour chaque projet au bon moment. Les périodes fortes se superposent parfois, et il faut tenir le rythme. 

Sur les stands, il arrive aussi que certaines personnes soient peu réceptives. Ce sont des moments qui demandent beaucoup d’énergie et qui rappellent qu’il reste encore énormément de travail de sensibilisation à faire."  

Peux-tu nous dire un mot sur Adalia 2.0 ? Qu’est-ce que tu y apprécies ou apprécies moins dans ton quotidien ?

Ce que j’aime profondément, c’est l’équipe. Il y a une multiplicité de compétences incroyable, mises au service d’une cause commune. Même dans les tempêtes que traverse parfois l’asbl, les collègues restent motivés, passionnés. Je suis admirative d’eux. 

J’aime aussi avoir plusieurs casquettes. Je ne m’ennuie jamais. Cette diversité correspond parfaitement à mon caractère. 

Ce que j’apprécie moins, c’est l’instabilité structurelle du secteur. Mais malgré cela, je trouve que nous parvenons à faire preuve d’une grande résilience. 

Et pour finir, quel est le premier conseil qui te vient en tête pour commencer « le jardin de demain » ? 

" Je dirais : faire preuve de tolérance. Tolérance envers la vie, envers la spontanéité du jardin. Ne pas vouloir tout dompter, tout maîtriser. Accepter l’imprévu. C’est la vie, tout simplement"  

Merci à Véronique pour son partage et bon succès dans la suite de ses projets ! ■

Un portrait rédigé par Eve Libois, chargée de communication.

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