Chez Adalia des personnalités différentes se côtoient, chacune avec leur parcours, leurs connaissances, leurs compétences propres et leurs passions respectives. Un objectif commun ? Celui de s’activer pour répondre aux missions de la structure dans laquelle ils évoluent. Par son métier, chaque membre de l’asbl accompagne l’évolution des pratiques dans les espaces verts professionnels et particuliers pour la préservation de la biodiversité !
Isabelle est aujourd’hui Responsable Administrative et Financière d’Adalia. Mais saviez-vous qu’elle en fut la première employée il y a plus de 20 ans ? Elle nous raconte…
Isabelle , comment es-tu arrivée chez Adalia ? Quel a été ton parcours ?
" Au départ, rien ne me destinait à devenir responsable administrative et financière d'une ASBL.
J'ai suivi une formation en biologie, zoologie et océanologie. Pendant une dizaine d'années, j'ai travaillé dans la recherche, notamment sur les gaz à effet de serre. Je passais beaucoup de temps en mission scientifique, à bord de bateaux en mer. J’ai d'ailleurs rencontré mon mari en mer d’Irlande ! J'étais déjà passionnée par l'environnement et ce métier m'a permis de prendre pleinement conscience des enjeux écologiques.
Lorsque j'ai eu mon premier fils, je ne pouvais plus partir plusieurs semaines en mission. C'est à ce moment-là que j’ai eu l’opportunité, en 2001, de rejoindre une toute jeune ASBL : Adalia.
À l'époque, j’étais la seule employée d’Adalia et son seul projet consistait à vendre des kits d’élevage de coccinelles aux écoles maternelles et primaires wallonnes. 700 écoles ont participé la première année ! … Les commandes arrivaient... par fax ! Je gérais les inscriptions, les contacts avec les écoles, la préparation des colis, les modes d'emploi puis l'envoi des kits et des larves de coccinelles. D’ailleurs, les premiers kits étaient livrés avec des plants de fèves des marais sur lesquels se trouvaient les pucerons permettant de nourrir les larves de coccinelles ! … à présent, nous fournissons de la nourriture en poudre, ce qui est plus évident à gérer. "
Comment le projet a-t-il évolué ?
" Petit à petit, l'association a évolué : nous avons développé les kits d’élevage de papillons et tenté d'autres projets comme, par exemple, les kits d’élevage de fourmis. Nous avons collaboré pendant un an avec Paradisio (NDLR : aujourd’hui Pairi Daiza) en fournissant des vivariums avec des insectes, des bourdons, des fourmis des coccinelles…
Nous recevions beaucoup de questions des parents ce qui nous a poussé à développer les conseils pratiques. C’est ainsi que l’équipe a été renforcée, avec l’engagement d’un conseiller technique, puis, un peu plus tard, une personne en charge des aspects liés à la communication. Nous nous sommes ensuite orienté vers les communes, et une personne, Frédéric Jomaux, a été engagée pour développer ce public. Un an plus tard il a créé le Pôle de Gestion Différenciée qui accompagnait donc les communes dans leur transition en termes de gestion écologique des espaces verts.
En 2018, à la demande du ministre Carlo Di Antonio les deux asbl, Adalia et le Pôle de Gestion Différenciée, ont été fusionnées : le sujet des pesticides et de la sensibilisation à leurs usages se retrouvait dans les deux projets, cela faisait donc sens. Nous avons donc pu augmenter l’équipe avec Frédéric Jomaux comme coordinateur et moi comme responsable administrative et financière de l’asbl et « bras droit » de la coordination. "
Que fais-tu au quotidien ?
" J'ai deux grandes casquettes. La première est celle de responsable administrative. Je suis aussi déléguée à la gestion journalière de l'association. Concrètement, je m'occupe de tout ce qui permet à Adalia de fonctionner au quotidien : les contrats des travailleurs et le suivi de leurs prestations, les relations avec le secrétariat social, les banques, les conventions administratives (comme les contrats téléphoniques les abonnements de train, les frais de missions…) les assurances...

Je suis également responsable du suivi financier. Je travaille sur les budgets élaborés avec la direction, je veille au paiement des factures, au suivi des subventions, aux salaires, et je fais le lien avec notre comptable pour qui je prépare tous les éléments de comptabilité. Une grande partie de mon travail consiste à répartir correctement les dépenses entre les différents projets financés. C'est un travail de précision, plutôt discret, mais indispensable au bon fonctionnement de l'association. 
À côté de cela, j'ai la chance de participer au projet Printemps au Naturel, ce qui m'apporte une dimension davantage de "terrain". J'accompagne Vianney Touchagues - qui est en charge de ce projet - dans son suivi, notamment sur les aspects budgétaires et organisationnels.
Le Printemps au Naturel consiste à mobiliser les personnes qui proposent des activités sur le territoire wallon durant la période que dure la campagne, soit du 20 mars au 20 juin. Ces trois dernières années, pas moins de 400 actions en lien avec la nature, l’environnement et la biodiversité ont été recensées sur l’agenda en ligne du Printemps au Naturel : balades nature, jardins ouverts, journées de sensibilisation, animations autour de la biodiversité... Nous organisons également la grande Fête du Printemps au Naturel qui s’inscrit dans le projet et je participe aussi à son organisation. Je viens en soutien général et j'apporte un regard un peu extérieur sur le projet, j'aide à conforter certaines idées et je contribue à leur concrétisation. "
Faut-il des compétences et des connaissances en particulier pour faire ton métier ?
" Avant tout, il faut être enthousiasmé par le secteur associatif et environnemental. C'est un environnement où il faut être polyvalent. J’ai plusieurs rôles et je dois pouvoir passer facilement d'un dossier budgétaire à une question administrative ou à l'organisation d'un événement.
Ça fait partie de l’évolution d’une vie professionnelle de passer « d’un métier à l’autre ». Mon parcours en est la preuve : je suis passée d'océanologue à responsable administrative et financière. Finalement, une carrière peut évoluer de manière inattendue.
Dans mon métier, il faut aussi être flexible et savoir écouter les besoins de chacun. Mon rôle consiste souvent à trouver des solutions qui conviennent à toute l'équipe, qu'il s'agisse d'un contrat, d'une question administrative ou même d'un abonnement de train. "
Quelles difficultés rencontre-tu pour mener à bien tes projets ?
" La principale difficulté reste le financement car même si Adalia bénéficie du soutien de la Région wallonne, nous dépendons de subventions qui doivent être renouvelées régulièrement. Cette incertitude fait partie de notre quotidien.
Comme je travaille directement sur les budgets, je vis cette réalité depuis plus de vingt-cinq ans. Il faut constamment anticiper, équilibrer, prévoir... Sans jamais avoir toutes les certitudes. C'est parfois inconfortable, mais cela fait aussi partie de la vie d'une association. "
Comment c’est de travailler chez Adalia ? Qu’est-ce que tu apprécies ou apprécies moins ?
" Ce que j'aime avant tout, c'est le travail en équipe. J'ai un tempérament grégaire et j'apprécie travailler avec des personnes aux compétences différentes mais qui poursuivent toutes le même objectif. L'ambiance est agréable, on travaille dans le respect, avec beaucoup de bienveillance et de courtoisie. C’est important.
J'apprécie aussi la souplesse qu'offre le secteur associatif et qui est très différente d’un travail en entreprise.
S'il y a une chose que je regrette, c'est que nous ne soyons pas plus souvent réunis. Avec le télétravail et les déplacements, on se croise finalement moins qu'avant. Personnellement, je viens toujours travailler au bureau : cela me permet de bien séparer ma vie professionnelle de ma vie privée, mais aussi de garder ce contact humain que j'apprécie tant."

Et pour finir, quel est le premier conseil qui te vient en tête pour commencer « Le Jardin de Demain » ?
" J’ai envie de dire : accepter la biodiversité dans son ensemble. Accepter qu'un jardin vivant ne soit pas parfaitement « propre » (avoir une terrasse, une piscine, du buis bien taillé, de la pelouse bien tondue). Mais plutôt laisser quelques fleurs sauvages, ne pas arracher systématiquement les plantes spontanées, tondre un peu moins souvent, accueillir la faune utile en installant des nichoirs pour les oiseaux ou un tas de bois pour les petits mammifères...
Il ne faut pas forcément un grand terrain pour agir. Même un petit jardin, ou quelques mètres carrés, peuvent devenir un refuge pour le vivant. Le jardin de demain, pour moi, c'est avant tout un jardin où l'on apprend à vivre avec la nature plutôt que contre elle. "
Merci à Isabelle pour son partage et bon succès dans la suite de ses projets ! ■
Un portrait rédigé par Eve Libois, chargée de communication.
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