Zoom sur la commune d’Eupen

Commune Eupen

En 1984, la Région wallonne interdit l’utilisation d'herbicides dans les parcs publics, sur les accotements, talus, bernes, et autres terrains publics faisant partie des voiries, sur les cours d’eau, étangs, lacs et leurs rives lorsqu’elles font partie du domaine public. La commune d’Eupen décide alors en 1986 d’abandonner totalement l’utilisation des pesticides pour gérer tous ses espaces verts.


Une commune pionnière en matière de gestion différenciée


Au départ, l’administration et son équipe d’ouvriers ont tenté d’obtenir un résultat identique sans utiliser de pesticides. Ils se sont vite aperçus que c’était impossible ! Il a fallu repenser les espaces verts de la ville et trouver de nouvelles techniques pour aller vers une gestion différenciée des espaces verts :
-    Remplacement partiel des plantes annuelles par des vivaces ;
-    Installation de prairies fleuries et de prés de fauches
-    Tonte différenciée
-    Mise en place de techniques alternatives de désherbage


En matière de désherbage alternatif, la commune a opté pour :

  • Le désherbage thermique : munie d’un désherbeur à flamme directe (chalumeau), d’un désherbeur à infrarouge pour les surfaces plus petites et d’un désherbeur à mousse chaude, pour les surfaces plus grandes.
  • Ainsi que pour du désherbage mécanique, à l’aide de 2 brosses mécaniques, une grande et une petite. 

En commençant en 1986, Eupen est donc une commune pionnière en la matière. Ce changement s’est fait progressivement : au départ les prairies fleuries et les espaces plus naturels, demandant moins d’entretien, ont été installés en périphérie de la ville, pour ensuite se rapprocher progressivement, jusqu’au centre-ville. Aujourd’hui, une prairie fleurie siège à côté de la maison communale et plusieurs zones de fauchage tardif occupent le parc au centre de la localité de Nispert. 

Commune Eupen

 

La commune :
-    Superficie : 103,74 km2, dont près de 47 % de forêts
-    Nombre d’habitants : 19.526

Leurs espaces verts :
-    2 cimetières (5,2 ha et 0,3 ha) composés d’allées (16 km) à désherber et de haies à tailler (3km). 5 ouvriers, y compris le fossoyeur, sont à charge de l’entretien des 2 cimetières.
-    Des parterres fleuris, dans les zones les plus fréquentées, composés d’annuelles (20.000 /an) et de vivaces (2000 à 5000 /an).
-    4 parcs, dont un arboretum
-    Des voiries avec du fauchage tardif en bordure de route sur environ 11 km 
-    Des pieds d’arbres


Le secret, c’est la combinaison des techniques, en fonction de la taille des surfaces, de la présence de haies et du risque d’incendies. Il faut également être attentif au climat et privilégier le désherbage thermique par temps sec pour un résultat plus durable.


Adaptation et implication des habitants :


Les habitants ont également dû s’adapter à cette évolution, accepter de voir évoluer leurs espaces verts et de tolérer un minimum la végétation spontanée. Selon Christian Collard, le chef de l’équipe des ouvriers, ce changement de mentalité a pu se faire assez facilement, même si cela n’a pas été un long fleuve tranquille. Dans les années 2000-2010, la tolérance à la végétation était moins grande, il a fallu à nouveau beaucoup communiquer, expliquer, quitte à prioriser les zones les plus sensibles dans les tournées de gestion.


Certains habitants se sont appropriés différents espaces publics (pieds d’arbres ou rond-point dans des lotissements). Ils les fleurissent et les entretiennent. Même si c’est marginal en proportion de la totalité des espaces verts, cela participe à enjoliver la ville et à changer les mentalités. 


Un règlement imposant la plantation et un cimetière forestier

Commune EupenC’est en constatant le dépérissement de plusieurs arbres dans leurs cimetières, à proximité de zones de graviers sur lesquelles des pesticides étaient épandus, qu’ils ont décidé en 1986 d’arrêter d’utiliser des pesticides à ces endroits et de considérer leurs cimetières comme un parc, et donc y appliquer la même restriction. Les allées sont en graviers et désherbées thermiquement. 


Le nouveau règlement du cimetière, qui date des années 2000, impose que les pierres tombales ne recouvrent pas la totalité de la surface. En effet, un tiers de la surface de la tombe doit être plantée et non recouverte d’une pierre tombale. La commune a également transformé une partie de son cimetière en un « cimetière forestier ». Là, le règlement interdit l’utilisation de pierres tombales et même de bordure minérale.

Commune EupenL’emplacement doit être à 100% planté. Un choix tout à fait cohérent  pour une commune à l’orée de zones naturelles comme les Hautes-Fagnes et l’Hertogenwald, l’une des plus grandes forêts de Wallonie. Un cimetière unique en Wallonie qui pourrait en inspirer d’autres ?